Avant de devenir l’Alliance sous les Montagnes, ce territoire était fragmenté en onze cités-forteresses, naines et gobelines, profondément enracinées dans les chaînes de montagnes riches en métaux de l’Ancien Monde. Ces cités vivaient presque exclusivement sous terre, fortifiées et autosuffisantes, mais constamment en conflit. Pendant des siècles, elles se livrèrent des guerres de territoires, s’affrontant pour le contrôle des veines métallifères, des galeries stratégiques et des routes souterraines.
Ces conflits incessants forgèrent des peuples durs, méfiants et résilients, mais empêchèrent toute véritable expansion ou coopération durable. Chaque cité-forteresse défendait jalousement ses ressources et sa souveraineté, convaincue que l’isolement était la meilleure garantie de survie.
Plusieurs centaines d’années après la fondation de l’Empire Grégorien et du Royaume d’Épicure, les seigneurs nains et gobelins commencèrent à observer l’évolution du monde extérieur. Les royaumes humains s’unifiaient, formaient de vastes territoires cohérents et étendaient leur influence. Il devint alors évident que les cités-forteresses, divisées, finiraient tôt ou tard par être annexées, écrasées ou exploitées si elles demeuraient isolées.
Face à cette menace commune, plusieurs seigneurs nains et gobelins acceptèrent l’impensable : se rencontrer, non pas pour négocier une trêve temporaire, mais pour envisager une union durable. Ces rencontres s’étendirent sur plusieurs mois, ponctuées de débats houleux, de concessions douloureuses et de méfiances profondément enracinées.
De ces négociations naquit finalement l’Alliance sous les Montagnes. Cette union ne fut pas fondée sur la foi ou la conquête, mais sur une nécessité politique et stratégique. Les cités-forteresses acceptèrent de mettre fin à leurs guerres internes afin de préserver leur indépendance collective face au monde de la surface.
Ainsi, l’Alliance sous les Montagnes vit le jour comme une coalition pragmatique de cités jalouses de leur autonomie, unies non par idéal, mais par la certitude que divisées, elles ne survivraient pas.
L’Alliance sous les Montagnes repose sur un régime de succession entièrement démocratique, unique parmi les grandes puissances de l’Ancien Monde. Le pouvoir n’y est ni héréditaire ni sacré. Il est délégué par le peuple.
L’Alliance est gouvernée par le Conseil des Onze Seigneurs, chacun représentant l’une des cités-forteresses fondatrices. Ces seigneurs sont élus et conservent leur fonction jusqu’à leur mort ou leur démission volontaire. Il n’existe aucune limite de mandat, la stabilité étant jugée préférable aux changements fréquents, tant que la confiance du peuple demeure.
Lorsqu’un poste de seigneur se libère, un référendum est organisé à l’échelle de l’Alliance. Un appel est transmis dans toutes les cités-forteresses, et l’ensemble des citoyens est tenu de voter pour le candidat qu’il estime le plus apte à représenter sa cité et à siéger au Conseil. Le vote est considéré comme un devoir civique fondamental, au même titre que le travail ou la défense des cités.
Le poste de seigneur n’est pas convoité pour son autorité ou ses privilèges. Il est perçu comme une charge lourde, fondée sur la confiance collective. Être élu signifie porter le poids des décisions affectant la cité entière et répondre de ses choix devant le peuple comme devant les autres seigneurs de l’Alliance.
Chaque seigneur possède l’autorité de décider de l’organisation interne de la cité qu’il gouverne. Il détermine la répartition des tâches, l’occupation des citoyens, l’orientation des travaux miniers, artisanaux et militaires, toujours dans l’intérêt déclaré de la communauté. Cette autonomie locale est un pilier de l’Alliance, garantissant que chaque cité conserve son identité tout en contribuant à l’unité sous les montagnes.
Ainsi, la succession au sein de l’Alliance sous les Montagnes n’est pas une lutte pour le pouvoir, mais un processus de responsabilité collective, où gouverner signifie avant tout servir.
L’Alliance sous les Montagnes repose sur un principe fondamental et non négociable : rien n’appartient à l’individu, tout appartient au Peuple. Dans les cités-forteresses, la notion de propriété personnelle telle qu’elle existe à la surface n’a aucun sens. Les logements, les ateliers, les mines, les forges, les réserves et les infrastructures sont considérés comme des biens communs, mis au service de tous.
Toute l’organisation de l’Alliance est pensée afin que le pouvoir réel demeure entre les mains du Peuple, non concentré dans une lignée, une caste ou une foi. Les décisions politiques, économiques et sociales visent toujours le bien collectif plutôt que l’intérêt individuel. Travailler, produire et défendre la cité ne sont pas perçus comme des contraintes, mais comme des contributions naturelles à une œuvre commune.
Les nains et les gobelins de l’Alliance ont développé une capacité profonde à faire abstraction de la possession personnelle. Leur identité, leur valeur et leur reconnaissance sociale ne sont pas définies par ce qu’ils possèdent, mais par ce qu’ils apportent à la communauté : leur savoir-faire, leur endurance, leur ingéniosité ou leur loyauté. L’accumulation individuelle est perçue comme inutile, voire dangereuse pour l’équilibre collectif.
Cette vision du monde s’accompagne d’une conviction tout aussi forte : les autres races de l’Ancien Monde sont jugées incapables d’adhérer durablement à un tel mode de vie. Selon les habitants de l’Alliance, les peuples de la surface sont trop attachés à la propriété, à l’ambition personnelle et à la distinction sociale pour renoncer sincèrement à la possession. Cette croyance explique pourquoi l’Alliance n’accueille que des nains et des gobelins, considérés comme les seuls capables de comprendre et de maintenir cet équilibre.
Ainsi, l’idéologie de l’Alliance sous les Montagnes ne repose ni sur la foi ni sur la domination, mais sur une organisation collective absolue, où chaque individu existe par et pour la communauté. Dans les profondeurs de la roche, la survie a enseigné une vérité simple : seul le groupe perdure, l’individu n’est que de passage.
La vie au sein de l’Alliance sous les Montagnes fonctionne comme un engrenage parfaitement huilé. Chaque citoyen occupe une place précise dans les rouages du royaume, et cette place n’est ni subie ni contestée. Elle est comprise, acceptée et valorisée. L’appartenance au tout prime sur l’individu, et chacun tire une profonde satisfaction de sa contribution à la communauté.
La valeur individuelle n’est jamais mesurée par ce que l’on possède, mais par ce que l’on fait et par ce que l’on transmet. Le respect se gagne par la qualité du travail accompli, par la maîtrise d’un savoir-faire, par les techniques enseignées aux autres et par la capacité à améliorer les méthodes collectives. L’excellence n’est pas un moyen de s’élever au-dessus des autres, mais d’élever l’ensemble de la communauté.
Les citoyens vivent dans de vastes communes, organisées en fonction de la proximité avec leur lieu de travail. Le lieu de vie n’est jamais définitif. Il change au fil des années, en fonction des besoins du royaume, des chantiers en cours et des réorganisations collectives. Ce mouvement constant empêche l’attachement excessif à un lieu précis et renforce le sentiment d’unité entre les cités-forteresses.
La coexistence entre nains et gobelins façonne profondément le rythme de la société. Les nains vivent plusieurs centaines d’années, mais se reproduisent lentement, tandis que les gobelins, dont l’espérance de vie dépasse rarement cinq décennies, se reproduisent rapidement. Cette différence est pleinement intégrée au fonctionnement de l’Alliance. Les nains apportent continuité, mémoire et expertise à long terme, tandis que les gobelins assurent dynamisme, adaptation rapide et renouvellement constant de la main-d’œuvre.
Les repas sont des moments centraux de la vie collective. Pris en groupes, ils ne servent pas seulement à se nourrir, mais à échanger, délibérer et décider. On y discute des projets en cours, on y partage les avancées, et chacun est invité à exprimer son opinion. Les votes peuvent y être initiés de manière informelle, car dans l’Alliance, la parole de chaque citoyen compte réellement.
Cette participation constante renforce le sentiment d’appartenance. Chaque citoyen sait que son avis est entendu, que son travail est utile et que sa place a du sens. Ainsi, loin de ressentir frustration ou aliénation, les habitants de l’Alliance sous les Montagnes sont, dans leur immense majorité, satisfaits du rôle qu’ils occupent dans la société.
Sous la roche, dans les galeries et les communes, la vie n’est pas vécue comme une suite d’obligations, mais comme une œuvre collective, patiente et durable, où chacun est une pièce indispensable de l’ensemble.
La défense de l’Alliance sous les Montagnes repose sur une combinaison étroite de foi, de discipline collective et d’ingénierie avancée. L’Alliance ne cherche pas la conquête, mais elle se prépare en permanence à résister à toute adversité venant de la surface comme des profondeurs.
La première force militaire majeure est issue des corps religieux de l’Église du Fer et du Métal de Gruroc. Les Brise-fers sont des prêtres de guerre, nains et gobelins, consacrés au dieu des forges. Ils incarnent la fusion parfaite entre foi et combat. Leur rôle est de défendre les intérêts de l’Alliance face aux menaces extérieures et intérieures, et de rappeler que la survie collective passe par la solidité, l’endurance et la discipline. Sur le champ de bataille, les Brise-fers constituent une force de frappe conséquente, capable de tenir des positions critiques et de briser les lignes ennemies.
En complément, l’Alliance déploie les Gardiens de la Communauté, une force d’élite entièrement dédiée à la protection directe des cités-forteresses et de leurs habitants. Ces guerriers sont équipés des armures et des armes les plus rares que l’Alliance puisse produire. Chaque Gardien reçoit un équipement entièrement conçu sur mesure, adapté à sa morphologie, à son style de combat et à son rôle spécifique. Cette personnalisation garantit que chaque membre puisse défendre la communauté au maximum de ses capacités.
La composante magique est omniprésente au sein des forces armées. Tous les gobelins étant porteurs de l’un des trois dons magiques, une grande partie des unités militaires intègre naturellement des capacités surnaturelles, qu’il s’agisse de soutien, de destruction ou de contrôle du champ de bataille. Cette magie n’est jamais individuelle ou ostentatoire ; elle est pensée comme un outil collectif, au service de la défense commune.
Enfin, les nains et les gobelins de l’Alliance sont réputés pour leur génie en matière d’ingénierie militaire. Ils excellent dans la conception et la construction d’engins de siège redoutables : canons à boules de feu, catapultes naines, béliers renforcés et autres machines de guerre adaptées aux combats souterrains comme aux assauts de surface. Ces engins sont conçus non pour la destruction gratuite, mais pour assurer la supériorité défensive de l’Alliance lorsque celle-ci est menacée.
Ainsi, l’armée de l’Alliance sous les Montagnes n’est pas une force de conquête, mais un bouclier collectif, forgé par la foi, la magie et le génie artisanal, destiné à protéger le Peuple contre tout ce qui pourrait briser l’équilibre des profondeurs.
L’économie de l’Alliance sous les Montagnes repose sur une abondance minérale sans équivalent dans l’Ancien Monde. Les cités-forteresses contrôlent les plus vastes gisements de fer, d’or et d’argent, exploités de manière continue et collective. Ces ressources constituent la colonne vertébrale de la puissance économique de l’Alliance et assurent sa position centrale dans les échanges entre les royaumes.
Au-delà des métaux communs, l’Alliance détient un monopole absolu sur deux richesses inestimables. Elle possède les seuls dépôts connus de mithril, métal rare aux propriétés exceptionnelles, ainsi que le secret de la forge du mithrilite, alliage et techniques dérivées que nul autre peuple ne maîtrise. Ces savoirs sont conservés avec une jalousie extrême et ne sont jamais partagés hors de la communauté. Leur usage est strictement réservé à l’Alliance et à la défense du Peuple.
Malgré cette richesse souterraine, l’Alliance souffre d’une contrainte majeure. Les terres cultivables y sont extrêmement rares. La vie sous la montagne limite fortement la production agricole, rendant le royaume dépendant de l’extérieur pour son approvisionnement en nourriture et en bois. Cette faiblesse structurelle est pleinement assumée et intégrée à sa stratégie commerciale.
L’Alliance exporte ainsi une grande variété d’objets métalliques. Armes, outils, armures, pièces de construction et équipements spécialisés sont échangés pour du bois et de la nourriture en abondance. Ces échanges sont menés de manière rigoureuse, transparente et équitable, sans favoritisme affiché.
Sur le plan politique, l’Alliance sous les Montagnes adopte une posture de neutralité permanente. Elle refuse de s’aligner durablement avec un royaume ou une idéologie extérieure, préférant commercer avec tous les peuples, tant que les échanges respectent ses règles et son autonomie. Cette neutralité est perçue comme une nécessité vitale. Prendre parti serait risquer d’attirer les conflits de la surface jusque dans les profondeurs.
Ainsi, l’économie de l’Alliance n’est ni expansionniste ni dominatrice. Elle est fonctionnelle, équilibrée et collective, destinée à assurer la survie et la prospérité du Peuple, tout en maintenant une indépendance farouche face aux ambitions des royaumes de la surface.
L’alimentation au sein de l’Alliance sous les Montagnes est régie par un principe fondamental : l’égalité totale. Tous les citoyens mangent de manière équitable, sans distinction de statut, de fonction ou d’ancienneté. Qu’il y ait abondance ou pénurie, nul n’est avantagé, sauf en cas de nécessité fonctionnelle, telles que des obligations médicales ou les besoins spécifiques liés au service militaire. La nourriture est considérée comme un bien commun, au même titre que les ressources et les outils.
La base de la production alimentaire de l’Alliance repose sur la culture souterraine. Les cités-forteresses produisent une grande variété de champignons, cultivés en quantités massives dans des galeries dédiées. Ces champignons constituent le cœur de l’alimentation quotidienne, offrant diversité, valeur nutritive et stabilité de production, indépendamment des saisons de la surface.
L’Alliance cultive également le houblon des profondeurs, une céréale unique, exclusivement destinée à la production de bières naines. Cette céréale est réputée pour son goût particulièrement âpre et désagréable, mais elle possède une propriété singulière. Elle est toxique pour les porteurs du Don si elle n’est pas fermentée. Elle donne néanmoins naissance à une bière considérée comme excellente par tous. Malgré sa réputation, cette bière occupe une place centrale dans la culture collective et les repas communautaires.
Certaines cités, notamment Maldrak, désignée comme cité agricole, disposent de vergers souterrains et semi-exposés, où sont cultivées des pommes et des poires en quantité limitée. Ces fruits sont intégrés à l’alimentation commune sans distinction, selon les mêmes principes de partage égalitaire.
L’Alliance pratique également l’élevage de chèvres de montagne et d’alpagas, principalement pour leurs produits laitiers. Le lait et les fromages issus de ces élevages sont distribués à l’ensemble de la population. Pour la viande, l’Alliance élève des cochons de montagne, fournissant notamment du bacon et des rôties, intégrés aux rations collectives selon les capacités de production.
Ce qui distingue fondamentalement l’Alliance sous les Montagnes de tous les autres royaumes réside toutefois dans la diversité de son alimentation importée. Grâce à sa puissance économique et à son commerce étendu, les tables de chaque citoyen comportent régulièrement des produits provenant des autres royaumes : pains, viandes, poissons, légumes, fruits, épices et alcools. Le coût ou la rareté de ces denrées n’a aucune incidence sur leur distribution. Si un aliment entre dans l’Alliance, il est partagé par tous.
Ainsi, manger au sein de l’Alliance n’est jamais un privilège. C’est un acte quotidien de cohésion, rappelant que sous la montagne, nul ne prospère seul, et que la survie comme l’abondance n’ont de sens que lorsqu’elles sont partagées équitablement.