Les humains sont l’un des peuples les plus nombreux et les plus répandus de l’Ancien Monde, représentant environ le tiers de sa population. Présents principalement dans l’Empire Grégorien, le Royaume d’Épicure et les Landes Sanglantes, ils peuvent également être rencontrés en plus petites communautés au sein de l’Alliance sous les Montagnes et même en Élion. Leur capacité à s’établir dans des environnements extrêmement différents est probablement leur caractéristique la plus remarquable. Partout où ils trouvent une terre où vivre, les humains finissent tôt ou tard par s’adapter.
Physiquement, les humains présentent une très grande diversité. Ils mesurent généralement entre 1,80 et 2 mètres, avec des variations importantes de taille et de corpulence. La couleur de leur peau, de leurs yeux et de leurs cheveux varie considérablement selon les individus et les régions dont ils sont originaires. Certaines tendances se sont néanmoins développées au fil des générations. Dans l’Empire, les cheveux noirs et châtains foncés sont particulièrement communs. Les populations d’Épicure présentent davantage de cheveux châtains, roux et bruns foncés, tandis que les Landes Sanglantes comptent une forte proportion d’humains aux cheveux blonds ou noirs. Ces caractéristiques ne constituent toutefois jamais des règles absolues.
La vie d’un humain est relativement courte. Dans les grandes cités de l’Ancien Monde, un individu bénéficiant de bonnes conditions peut espérer vivre environ quatre-vingts ans. Dans les campagnes, où le travail physique, les maladies et l’accès plus limité aux soins rendent l’existence plus difficile, cette espérance se rapproche davantage de soixante ans. Dans les Landes Sanglantes, une existence particulièrement rude réduit souvent celle-ci à cinquante ou soixante années. Quelques puissants utilisateurs de magie sont parvenus à repousser ces limites et à vivre au-delà d’un siècle, mais ils demeurent des exceptions remarquables.
Cette existence éphémère influence profondément la psychologie humaine. Les humains savent, consciemment ou non, qu’ils disposent de peu de temps. Ils veulent construire, découvrir, conquérir, apprendre et laisser quelque chose derrière eux. Un artisan rêve de transmettre son atelier. Un noble cherche à assurer l’avenir de sa maison. Un érudit espère que ses écrits lui survivront. Même celui qui ne possède presque rien peut trouver une forme d’immortalité dans ses enfants et dans ce qu’il leur transmet.
Cette urgence les rend ambitieux et parfois impatients. Là où une race vivant plusieurs siècles peut attendre que les circonstances deviennent favorables, un humain peut difficilement se permettre d’attendre cinquante ans. Il expérimente, échoue, recommence et change rapidement ses façons de faire. La curiosité, l’adaptation et la capacité à transformer rapidement leurs sociétés constituent ainsi certaines de leurs plus grandes forces.
Cette différence explique également leur relation parfois étrange avec les elfes. Beaucoup d’humains regardent leur extraordinaire longévité avec une certaine méfiance. Comment une personne disposant de plusieurs siècles peut-elle accorder la même valeur à une journée, une année ou une décennie? Comment peut-elle comprendre celui qui sait que son temps est compté?
Pourtant, les humains ne considèrent généralement pas leur courte existence comme une malédiction. Ils aiment, bâtissent, fondent des familles, poursuivent leurs ambitions et profitent de ce qu’ils possèdent. Pour eux, la valeur d’une vie ne se mesure pas nécessairement au nombre d’années qu’elle contient, mais à ce qu’on parvient à en faire avant qu’elle ne s’achève.
Les elfes comptent parmi les peuples les plus anciens de l’Ancien Monde. Grands et élancés, ils dépassent généralement les deux mètres et possèdent de longs bras et de longues jambes. Leur corpulence varie néanmoins autant que celle des humains. Leurs oreilles allongées et pointues permettent de les reconnaître facilement, mais une autre caractéristique, plus discrète, témoigne de leurs origines. Leur peau est parsemée de marques de naissance brunâtres. Celles-ci peuvent prendre des formes irrégulières rappelant parfois l’écorce d’un arbre et sont intimement liées à leur héritage naturel.
Personne ne connaît véritablement l’espérance de vie d’un elfe. La plus ancienne connue est Syldana, souveraine d’Élion, qui aurait vécu plus de deux mille cinq cents ans. Pourtant, même elle ne présente aucun signe permettant d’estimer combien d’années il lui resterait. Les elfes grandissent extrêmement lentement. Ils atteignent généralement leur taille adulte vers cinquante ans, mais ne sont considérés pleinement matures que vers cent vingt ans. Une fois cette maturité atteinte, leur apparence cesse pratiquement de changer. Un elfe de deux cents ans peut ainsi sembler du même âge qu’un autre ayant vécu plus d’un millénaire.
Cette longévité façonne profondément leur perception du monde. Là où quelques décennies représentent une portion considérable de l’existence d’un humain, elles peuvent sembler n’être qu’une période passagère pour un elfe. Ils sont naturellement patients et prudents, parfois à un degré difficile à comprendre pour les peuples mortels. Pourquoi précipiter une décision lorsqu’on peut observer la situation pendant vingt ans? Cette perception est particulièrement présente en Élion, où la société entière s’est développée autour d’individus pour qui le passage des siècles n’impose aucune urgence.
Les elfes vivant parmi les humains développent toutefois une conception différente du temps. Dans l’Empire et en Épicure, ils apprennent à suivre le rythme des peuples qui les entourent. Certains ont servi une même maison noble pendant cinq générations ou ont eux-mêmes été servis successivement par sept générations d’une même famille. Leur mémoire exceptionnelle fait alors d’eux des archivistes, historiens, conseillers et officiers particulièrement recherchés. Pour eux, certains événements appartenant aux livres d’histoire humains sont simplement des souvenirs personnels.
Cette mémoire n’est toutefois pas parfaite. Les souvenirs de leur enfance deviennent souvent flous, mais ceux de leur vie adulte peuvent demeurer remarquablement précis pendant des siècles. Les elfes ont même développé différentes techniques permettant de retrouver des souvenirs enfouis lorsqu’ils sentent certaines périodes leur échapper.
Leur relation avec les peuples à courte vie demeure complexe. En Élion, certains elfes préfèrent éviter de s’attacher profondément aux mortels et développent envers eux une certaine condescendance, voire un véritable mépris. Ailleurs, beaucoup acceptent simplement que leurs compagnons humains vieilliront et disparaîtront avant eux. Ils peuvent les aimer sincèrement tout en sachant dès leur rencontre qu’ils assisteront probablement à leur mort.
Cette réalité peut devenir lourde après plusieurs siècles. Certains elfes ayant aimé et perdu plusieurs conjoints humains finissent par considérer leur longévité comme un fardeau. Quelques-uns choisissent même de mettre volontairement fin à leur existence lorsqu’ils estiment avoir suffisamment vécu.
La naissance d’un elfe est également un événement exceptionnel. Une femme elfe n’ovule qu’environ une fois tous les trois siècles, durant quelques jours seulement. La plupart des elfes n’auront donc qu’un seul enfant au cours de leur existence, parfois deux.
Ainsi, plus que leurs oreilles ou leur apparence, c’est leur rapport au temps qui définit véritablement les elfes. Les royaumes peuvent changer leur culture, leurs croyances et leurs valeurs, mais un elfe demeure toujours un être qui regarde passer les générations là où les autres regardent passer les années.
Les nains sont des êtres massifs dont la constitution ne ressemble à celle d’aucune autre race de l’Ancien Monde. Mesurant généralement entre 1,30 et 1,70 mètre, ils peuvent facilement peser entre 350 et 400 livres. Cette masse extraordinaire s’explique par la nature même de leur corps. La peau des nains n’est pas faite de chair comme celle des humains ou des elfes, mais de pierre ou de métal. Sa composition et son apparence varient selon les lignées, au point que certaines familles peuvent être reconnues aux nuances, aux textures et aux particularités du matériau qui compose leur peau.
Les hommes nains possèdent naturellement une pilosité très abondante, particulièrement au visage. Les femmes présentent également une forte pilosité corporelle, mais ne développent pas de barbe. Malgré leur apparence minérale, les nains sont des êtres vivants et leur corps évolue avec le passage du temps.
Un nain atteint généralement sa pleine maturité vers trente ans et peut espérer vivre environ cinq siècles. Son vieillissement rappelle celui des humains, mais se manifeste différemment. Chez les lignées métalliques, la surface du corps peut progressivement se ternir et développer des traces rappelant la rouille. Chez celles de pierre, de petites fissures apparaissent et certaines parties commencent lentement à s’effriter. Le corps d’un vieux nain porte ainsi littéralement les marques des siècles qu’il a traversés.
Cette constitution leur confère une robustesse exceptionnelle. Beaucoup de maladies touchant les humains les affectent peu ou pas du tout. Leur organisme est particulièrement adapté aux environnements souterrains. Ils voient remarquablement bien dans l’obscurité et supportent facilement l’humidité constante des profondeurs.
Les nains entretiennent également un rapport presque instinctif avec la pierre et les métaux. Pour eux, ces matières ne sont pas simplement des ressources à exploiter. Elles sont faites de la même substance que leur propre corps. Le désir de comprendre leurs propriétés, leurs imperfections et leurs transformations dépasse donc largement les traditions de l’Alliance sous les Montagnes. Même un nain ayant grandi loin des cités souterraines peut ressentir cette fascination. Travailler la pierre ou le métal revient, d’une certaine manière, à étudier la matière dont il est lui-même constitué.
Leur longévité place les nains entre les humains et les elfes dans leur perception du temps. Un projet nécessitant vingt ans de travail n’a rien d’extravagant pour eux. Ils peuvent consacrer plusieurs décennies à perfectionner une technique ou à achever une œuvre sans avoir l’impression d’y sacrifier leur existence entière. Contrairement aux elfes, cependant, les nains savent que leur temps possède une limite. Chaque nain devra éventuellement raccrocher son marteau.
Cette mortalité leur permet généralement de comprendre facilement les peuples vivant moins longtemps qu’eux. Les humains leur paraissent certes pressés, mais leur urgence n’est pas incompréhensible. Les différences et tensions avec les autres peuples sont donc davantage culturelles que naturelles.
La reproduction naine constitue enfin l’une de leurs particularités les plus remarquables. Les couples ont généralement deux ou trois enfants, mais c’est l’homme qui assure la gestation. L’enfant se développe pendant environ deux ans dans une importante excroissance de pierre ou de métal apparaissant dans son dos. Lorsque la gestation arrive à son terme, celle-ci doit littéralement être ouverte et minée à l’aide d’un marteau et d’un burin afin d’en extraire le nouveau-né. Un processus long et particulièrement douloureux pour le père.
Qu’ils vivent sous les montagnes ou parmi les autres peuples, les nains demeurent ainsi des créatures de pierre et de métal conscientes que, contrairement aux matériaux qu’ils travaillent, leur propre ouvrage possède une fin.
Petits, légers et débordants d’énergie, les gobelins comptent parmi les races ayant l’existence la plus courte de l’Ancien Monde. Ils mesurent rarement plus de 1,20 mètre et la plupart atteignent environ 90 centimètres pour un poids avoisinant les 40 livres. Leur peau présente différentes teintes allant du vert au bleu, ainsi que toutes les nuances pouvant exister entre ces deux couleurs. Leurs oreilles, extrêmement longues et pointues, constituent l’un de leurs traits les plus caractéristiques. Les différences physiques entre les sexes sont relativement discrètes, au point qu’il peut être difficile pour les autres races de distinguer un gobelin d’une gobeline lorsque ceux-ci sont vêtus.
Mais la véritable particularité des gobelins ne se trouve pas dans leur apparence. elle réside dans la vitesse extraordinaire à laquelle ils vivent. Un gobelin atteint l’âge adulte vers deux ans et ne peut espérer vivre naturellement qu’environ trente-cinq ans. Pendant la majeure partie de leur existence, leur apparence change relativement peu. Ce n’est généralement qu’à partir d’une trentaine d’années que leur corps commence brusquement à décliner. Les cinq dernières années voient alors le gobelin vieillir à une vitesse impressionnante.
Certains érudits soupçonnent que cette courte existence serait liée à la magie qui habite naturellement leur corps. Car contrairement aux autres peuples, tous les gobelins naissent avec au moins un Don. Le Don arcane est le plus répandu, présent chez environ la moitié de la population gobeline, mais les Dons divin et chamanique existent également. Il est même relativement commun qu’un gobelin naisse avec deux Dons. Quelques individus exceptionnellement rares en possèdent trois, phénomène qui semble légèrement plus fréquent dans certaines lignées où de tels individus sont déjà apparus.
La magie est donc inséparable de l’existence gobeline. Dans l’Alliance sous les Montagnes, chaque enfant apprend à maîtriser son Don durant ses premières années. Ailleurs, cette transmission n’est pas toujours assurée et certaines familles gobelines peuvent traverser plusieurs générations sans jamais apprendre à exploiter pleinement les capacités avec lesquelles elles sont nées.
Cette magie naturelle accompagne une formidable ingéniosité. Les gobelins aiment expérimenter et découvrir de nouvelles manières d’utiliser leurs pouvoirs. Leurs communautés sont souvent remplies de manifestations magiques intégrées aux tâches les plus ordinaires. Pour eux, la magie n’est pas nécessairement mystérieuse ou sacrée. elle fait simplement partie de la vie.
Et la vie, justement, est faite pour être vécue. Les gobelins pensent rarement en décennies. Ils savent qu’ils disposent de peu de temps et ne voient généralement aucune raison d’en gaspiller une partie à préparer un avenir lointain qu’ils ne connaîtront jamais. Ils recherchent les expériences, les plaisirs, les découvertes et tout ce qui peut rendre l’instant présent intéressant. Leur hédonisme n’est pas nécessairement synonyme d’irresponsabilité. Il découle simplement d’une perception du temps radicalement différente.
La principale exception survient lorsqu’ils deviennent parents. Une gobeline ne peut avoir qu’une seule portée au cours de son existence, mais celle-ci compte généralement entre cinq et douze enfants. Les deux années suivantes sont largement consacrées à les protéger, les éduquer et, surtout, leur apprendre à contrôler leurs Dons avant qu’ils atteignent eux-mêmes l’âge adulte.
Les gobelins accordent finalement assez peu d’importance à la longévité des autres races. Qu’un elfe puisse vivre des millénaires ou qu’un nain dispose de cinq siècles leur importe généralement peu. Dans l’Alliance, nains et gobelins forment les deux parties d’une même société; ailleurs, les nains ne sont qu’un peuple parmi les autres.
Après tout, lorsqu’on ne dispose que de trente-cinq années, pourquoi perdre son temps à s’inquiéter de la manière dont les autres choisissent de vivre les leurs?
Massifs, puissants et naturellement bâtis pour l’affrontement, les orques comptent parmi les races les plus physiquement imposantes de l’Ancien Monde. Leur taille varie énormément : les plus petits mesurent environ 1,60 mètre, tandis que certains individus exceptionnels peuvent atteindre 2,50 mètres. Les hommes pèsent généralement autour de 250 livres et les femmes autour de 200, avec une musculature naturellement développée chez les deux sexes.
Leur peau varie principalement entre un vert très foncé et différentes teintes de brun pâle. Leurs oreilles sont légèrement pointues et leur mâchoire est caractérisée par deux crocs inférieurs dépassant de la bouche. Ceux des femmes sont généralement plus petits, mais demeurent clairement visibles.
Les orques possèdent une espérance de vie comparable à celle des humains et atteignent généralement l’âge adulte vers seize ans. Leur constitution particulièrement robuste leur permet cependant de demeurer en bonne santé plus longtemps et de décliner moins rapidement avec l’âge. Les maladies communes aux autres peuples les affectent généralement moins sévèrement. Cette résistance possède néanmoins une faiblesse importante. Les organismes orques sont particulièrement vulnérables aux champignons et à certaines infections d’origine naturelle.
Le Don chamanique entretient d’ailleurs une affinité particulière avec les orques. Parmi ceux qui naissent avec un Don, environ la moitié possèdent le Don chamanique, une proportion considérablement plus importante que chez la plupart des autres peuples.
Les familles orques sont généralement nombreuses. Trois à cinq enfants constituent une famille parfaitement normale et les grossesses gémellaires sont fréquentes. La gestation ne dure qu’environ six mois, permettant aux communautés orques de renouveler leurs générations relativement rapidement.
Comme les humains, les orques sont conscients de disposer d’une existence limitée. Ils désirent accomplir quelque chose avant leur mort et comprennent l’importance de transmettre ce qu’ils possèdent à la génération suivante. Mais là où l’humain cherche souvent à bâtir, découvrir ou transformer, l’orque possède une attirance profondément enracinée pour l’affrontement.
Les orques sont naturellement belliqueux. Le combat leur procure une stimulation difficilement comparable à toute autre activité. Leur colère monte rapidement, ils répondent volontiers à la provocation et possèdent un instinct particulièrement compétitif. Cette nature ne signifie pas que chaque orque devient soldat ou guerrier. Un orque peut être artisan, marchand, agriculteur ou érudit. Toutefois, même loin des champs de bataille des Landes Sanglantes, cette combativité trouve généralement une manière de s’exprimer: compétition physique, chasse, défis, entraînement ou simple goût de la confrontation.
Leur esprit fonctionne également de manière plus directe que celui de nombreuses autres races. Les orques sont rarement reconnus pour leurs grandes capacités intellectuelles et produisent peu de grands arcanistes. Cette simplicité possède cependant certains avantages. Lorsqu’un orque est plongé dans la violence d’un combat, son esprit devient extrêmement difficile à détourner de son objectif, lui offrant une résistance remarquable aux tentatives magiques visant à le charmer ou à influencer ses actions.
Les orques ressentent également leurs émotions avec intensité. Ils sont colériques et agressifs, mais également francs et courageux. Un orque cache rarement longtemps ce qu’il pense d’une personne ou d’une situation. Ses amitiés peuvent être aussi intenses que ses colères et sa bravoure peut facilement devenir témérité.
Ainsi, les Landes Sanglantes n’ont pas créé la nature guerrière des orques. Elles lui ont simplement offert une société où elle peut pleinement s’exprimer. Où qu’il naisse, un orque demeure profondément marqué par trois choses: la colère, la bravoure et cette irrésistible envie de découvrir lequel des deux restera debout à la fin du combat.