L’Ordre du Cercle Sépulcral est une organisation indépendante vouée à la protection du monde physique contre les menaces provenant des autres plans d’existence et du Néant. Il ne prête allégeance à aucun royaume, aucune couronne et aucune Église. Son quartier général se trouve pourtant au cœur du Royaume d’Épicure, dans la Tour Glorias, la grande tour arcanique consacrée à l’étude de la nécromancie. Cette proximité avec une discipline que beaucoup considèrent avec méfiance contribue largement à la réputation inquiétante de l’Ordre. Pourtant, derrière les rumeurs, les pratiques obscures et les connaissances interdites se cache une vocation beaucoup plus simple. Celle de protéger des vies.
Le Cercle Sépulcral est une société particulièrement exclusive. La richesse, la naissance ou l’influence politique ne permettent pas d’en ouvrir les portes. Seuls ceux capables d’interagir directement avec les forces surnaturelles peuvent espérer rejoindre ses rangs. Les chamans y occupent naturellement une place importante en raison de leur relation avec le monde des esprits. Les mages peuvent également rejoindre l’Ordre, mais doivent accepter d’étudier la nécromancie afin de comprendre les forces liées à la mort et aux âmes. Enfin, les individus possédant le Don divin peuvent également être recrutés. Cette particularité fait du Cercle un lieu étrange où des traditions magiques habituellement séparées travaillent ensemble dans un objectif commun.
L’Ordre recrute sans distinction dans tous les royaumes de l’Ancien Monde. Humains, elfes, nains et autres peuples peuvent ainsi se retrouver sous la même bannière. Les gobelins y sont notamment présents en nombre important, et certains membres gobelins possèdent même deux Dons différents, faisant d’eux des individus particulièrement précieux pour l’organisation. Une fois admis, l’appartenance au Cercle passe avant les rivalités entre royaumes. Ses membres ne sont ni des agents d’Épicure ni les représentants de leur nation d’origine. Ils deviennent avant tout des gardiens du monde physique.
Contrairement à ce que sa réputation pourrait laisser croire, l’Ordre n’a pas pour mission de traquer et de détruire aveuglément tout ce qui provient d’un autre monde. Ses membres enquêtent avant d’agir. Une créature extérieure n’est pas nécessairement une ennemie et, lorsqu’une menace plus importante l’exige, le Cercle peut même collaborer avec certaines entités extraplanaires. Chaque intervention cherche avant tout à déterminer la nature du danger et la meilleure manière de protéger les populations concernées.
La découverte du Nouveau Monde représente donc autant une promesse qu’une source d’inquiétude. Des terres demeurées longtemps hors de portée des royaumes peuvent dissimuler des phénomènes, des prisons ou des forces dont personne ne connaît encore l’existence. Le Cercle Sépulcral finance ainsi ses propres explorateurs afin d’accompagner l’expansion de la colonie. Leur mission n’est pas de conquérir ces terres, mais de s’assurer que les explorateurs ne réveillent pas ce qui aurait dû demeurer endormi et qu’ils ne créent pas eux-mêmes de nouvelles menaces par ignorance ou ambition.
L’Ordre du Cercle Sépulcral possède une structure particulière, bien différente des grandes organisations militaires ou religieuses de l’Ancien Monde. Malgré son ancienneté et l’étendue de ses activités, il ne s’est jamais encombré d’une multitude de titres ou de rangs officiels. L’Ordre considère que face aux menaces extraplanaires, l’expérience et la connaissance ont davantage de valeur qu’un titre. Un membre ayant consacré plusieurs décennies à l’étude des esprits sera ainsi naturellement considéré comme une autorité lorsqu’une manifestation spirituelle survient, même si aucun rang particulier ne le distingue de ses confrères. Cette organisation permet au Cercle de demeurer flexible et de confier chaque situation à ceux qui sont réellement capables de la comprendre.
Au sommet de l’Ordre se trouve toutefois une autorité incontestable. Cette autorité se nomme le Grand Exorciste. Celui-ci dirige l’ensemble du Cercle Sépulcral et possède l’autorité suprême lorsque les différentes branches ne parviennent pas à s’entendre ou lorsqu’une menace dépasse leurs domaines respectifs. Le titre est présentement détenu par Varakiel Borgat, un elfe âgé de plus de deux millénaires, né sur les territoires qui deviendraient beaucoup plus tard l’Empire Grégorien. Malgré son immense expérience, Varakiel n’occupe cette fonction que depuis relativement peu de temps. Il avait auparavant refusé le titre à plusieurs reprises, préférant continuer à parcourir les différentes branches de l’Ordre plutôt que de s’enfermer dans son administration. Ce parcours exceptionnel fait aujourd’hui sa force. Varakiel est le seul membre connu à avoir appartenu à chacune des branches du Cercle, ainsi que la seule personne connue à posséder les trois Dons.
Sous le Grand Exorciste, l’Ordre se divise en plusieurs branches spécialisées selon la nature des menaces combattues. Certaines étudient le Néant, les diables, les élémentaires, les esprits ou encore les créatures oniriques, tandis que d’autres se consacrent aux phénomènes extraplanaires qui ne correspondent à aucune de ces catégories. Ces branches ne possèdent volontairement aucun nom officiel. Elles ne sont ni des confréries indépendantes ni des ordres dans l’Ordre. Elles représentent simplement des regroupements de spécialistes partageant les mêmes connaissances et responsabilités.
Chaque branche reconnaît néanmoins certaines personnes comme des autorités dans leur domaine. Cette reconnaissance ne découle pas nécessairement d’une nomination formelle. Elle se construit par l’expérience, les connaissances accumulées, les interventions réussies et la confiance des autres membres. Lorsqu’une menace est identifiée, ce sont généralement ces spécialistes qui déterminent la manière dont l’Ordre doit l’étudier, la contenir ou la combattre.
Toutes les branches ne sont cependant pas accessibles à tous. Certaines menaces ne peuvent être correctement perçues, comprises ou affrontées qu’à travers un Don particulier. L’accès à certaines spécialisations exige donc de posséder les capacités nécessaires à leur pratique. Cette réalité explique également pourquoi les individus possédant plusieurs Dons sont particulièrement recherchés. Ils peuvent comprendre des phénomènes qui échappent entièrement aux spécialistes d’une seule tradition.
Le Cercle Sépulcral fonctionne ainsi moins comme une armée que comme une communauté d’experts. Lorsque survient une menace, ce n’est pas le rang qui détermine qui doit parler en premier, mais une question beaucoup plus importante : qui, parmi eux, comprend réellement ce qu’ils affrontent ?
L’Ordre du Cercle Sépulcral repose sur la conviction fondamentale que la vie doit être protégée, même lorsque son prix devient immense. Ses membres ne cherchent ni la gloire, ni la richesse, ni la reconnaissance des royaumes qu’ils défendent. Leur mission consiste à empêcher que les forces venues d’ailleurs ne détruisent ce que les peuples de l’Ancien Monde ont bâti. Cette philosophie explique autant leur dévouement que certaines des décisions terribles qu’ils sont parfois prêts à prendre. Pour le Cercle, protéger la vie ne signifie pas nécessairement sauver tout le monde. Lorsque toutes les autres possibilités ont été épuisées, quelques vies peuvent être sacrifiées afin d’en préserver des milliers.
Cette responsabilité repose d’abord sur les membres de l’Ordre eux-mêmes. Le Cercle considère qu’un membre confirmé connaît les risques auxquels il s’expose et peut être appelé à donner sa vie lorsque la situation l’exige. Certains rituels, affrontements ou opérations de confinement ont ainsi nécessité des sacrifices volontaires afin d’empêcher une catastrophe plus importante. Cette logique ne rend jamais ces morts insignifiantes. Au contraire, elle découle directement de la valeur que l’Ordre accorde à chaque existence. L’or, les artefacts, les bâtiments et les possessions peuvent être remplacés. Une vie perdue ne le peut pas. Le Cercle n’hésitera donc jamais à abandonner une fortune entière si sa destruction permet de sauver ne serait-ce que quelques innocents.
Cette volonté de protéger la population n’empêche pas l’Ordre d’adopter une approche pragmatique envers les créatures extraplanaires. Il ne considère pas automatiquement tout ce qui vient d’un autre monde comme un ennemi. Les actes d’une entité, sa nature et son origine sont étudiés avant qu’un jugement soit rendu. Des alliances temporaires sont possibles et les membres du Cercle collaborent régulièrement avec des anges lorsque leurs objectifs concordent. D’autres créatures peuvent également devenir des alliés de circonstance si elles représentent le meilleur moyen d’affronter une menace plus importante.
Cette tolérance possède cependant des limites. Les diables sont considérés avec une profonde méfiance. Même lorsqu’un diable semble agir pour le bien, le Cercle considère qu’une intention cachée accompagne inévitablement ses actions. Pour cette raison, les sorciers ayant volontairement conclu un pacte avec eux ne sont pas admis dans l’Ordre. Plus absolue encore est sa position envers le Néant. Ses créatures ne sont pas considérées comme des adversaires avec lesquels négocier, mais comme des manifestations d’une force dont l’existence même menace la Création. Elles sont donc combattues dès qu’elles sont découvertes, sans possibilité d’alliance.
Enfin, malgré sa réputation d’organisation prête à manipuler des forces dangereuses, le Cercle s’impose ses propres interdits. Certaines connaissances sont volontairement proscrites lorsque l’Ordre estime que leur simple maîtrise représente un danger trop important. Ces limites ne sont toutefois pas sacrées. Dans de très rares circonstances, le Grand Exorciste lui-même a choisi de les franchir afin de détruire une menace qu’aucune autre méthode ne pouvait arrêter.
Avec environ sept cents membres à son apogée, l’Ordre du Cercle Sépulcral demeure une organisation relativement petite à l’échelle de l’Ancien Monde. Pourtant, peu d’institutions peuvent prétendre être aussi largement connues. Son nom est familier à une grande partie de la population et pratiquement toutes les autorités politiques, militaires, religieuses et arcaniques savent reconnaître ses membres et comprendre la raison de leur présence. Le Cercle ne possède pourtant aucun territoire, ne gouverne aucune population et ne dispose d’aucune armée véritable. Son influence repose sur quelque chose de beaucoup plus difficile à obtenir. Ils ont des siècles de nécessité.
Les royaumes ont appris à respecter les interventions du Cercle et évitent généralement de se mêler de ses affaires. Lorsqu’un membre de l’Ordre enquête sur une manifestation extraplanaire, les autorités locales lui accordent habituellement une grande liberté d’action. Cette indépendance n’est inscrite dans aucune loi universelle et pourrait théoriquement être remise en question par un souverain. Dans les faits, peu souhaitent prendre ce risque. Empêcher le Cercle d’intervenir signifie accepter la responsabilité de ce qui pourrait survenir ensuite.
Cette neutralité devient particulièrement visible lors des guerres. Il n’est pas rare que des membres du Cercle soient présents dans les deux camps d’une même bataille sans participer directement au conflit. Les importantes concentrations de magie produites par certains affrontements peuvent perturber les frontières entre les plans et attirer des créatures du Néant. Les membres de l’Ordre observent alors les flux magiques et attendent. Si une brèche apparaît, les rivalités des royaumes cessent immédiatement de les concerner. Leur ennemi se trouve ailleurs. Deux membres servant auprès d’armées opposées peuvent ainsi se retrouver à combattre côte à côte quelques instants après avoir observé leurs alliés respectifs s’entretuer.
Les relations avec les institutions religieuses sont beaucoup plus difficiles. Plusieurs Églises reprochent ouvertement au Cercle de leur « voler » des porteurs du Don divin. Selon elles, un individu ayant reçu un tel Don devrait être guidé vers les enseignements d’une divinité et formé au sein d’une institution religieuse. Le Cercle rejette cette prétention et considère que le Don appartient d’abord à celui qui le porte. Cette position, combinée à son utilisation de la nécromancie et à son indépendance, entretient depuis longtemps une certaine hostilité entre l’Ordre et plusieurs autorités religieuses.
L’influence actuelle du Cercle est également renforcée par la réputation personnelle de son Grand Exorciste, Varakiel Borgat. Âgé de plus de deux millénaires, Varakiel existait bien avant plusieurs des institutions politiques qui dominent aujourd’hui l’Ancien Monde. Il a vu grandir certains des monarques actuellement au pouvoir et bénéficie auprès d’eux d’une familiarité que peu peuvent revendiquer. Sa relation avec la souveraine d’Élion est particulièrement singulière. Tous deux comptent leur existence en millénaires, bien que Varakiel demeure le plus jeune des deux, et partagent une perspective du monde inaccessible à la majorité des dirigeants mortels.
Pour le peuple, cependant, voir arriver le Cercle Sépulcral provoque rarement de la joie. Ses membres sont généralement reçus avec distance, parfois avec méfiance, mais rarement rejetés. Leur présence signifie souvent que quelque chose d’anormal s’est produit ou que quelque chose de bien pire pourrait arriver.
Ainsi, lorsque les manteaux du Cercle apparaissent au détour d’une rue, deux émotions se lisent généralement sur les visages : la peur de découvrir ce qu’ils sont venus chercher et le soulagement de savoir qu’ils sont déjà là.
Perchée sur un vaste plateau dominant la cité de Valtemare, l’Académie des Savoirs est l’une des plus importantes institutions intellectuelles de l’Ancien Monde. Ses grandes bibliothèques, ses salles d’étude et ses lieux consacrés à la recherche attirent des érudits provenant de tous les royaumes. Bien qu’elle soit située au Royaume d’Épicure et qu’une partie importante de son financement provienne des fonds publics épicuriens, l’Académie demeure une institution indépendante. Elle ne sert officiellement ni la Couronne ni les ambitions politiques du royaume qui l’accueille. Sa mission dépasse les frontières. Mission qui consister à observer, comprendre, conserver et transmettre le savoir.
L’Académie repose sur un principe d’ouverture relativement simple. Contrairement à de nombreuses institutions réservées à une caste, une race ou aux détenteurs d’un Don, ses portes sont ouvertes à tous ceux qui peuvent acquitter les frais nécessaires pour y étudier ou y travailler. N’importe qui peut ainsi devenir élève, professeur, chercheur ou membre de l’institution, pourvu qu’il respecte ses règles et paie ses frais annuels. Cette ouverture a progressivement transformé Valtemare en un lieu de rencontre entre les cultures. Des individus qui auraient peu de raisons de se côtoyer ailleurs dans l’Ancien Monde peuvent s’y retrouver à étudier le même phénomène ou à débattre autour des mêmes ouvrages.
Les champs d’études de l’Académie sont pratiquement sans limites. La magie y côtoie l’archéologie, l’histoire, la météorologie, l’étude des espèces, la cartographie et une multitude d’autres disciplines. Certains chercheurs consacrent leur existence à comprendre des phénomènes connus depuis des millénaires, tandis que d’autres cherchent à développer de nouvelles méthodes et de nouveaux procédés. L’Académie ne souhaite donc pas seulement préserver les connaissances du passé. Elle veut également produire celles de demain. Ses professeurs enseignent, ses élèves apprennent et ses chercheurs expérimentent, observent, débattent et publient leurs découvertes afin d’enrichir continuellement les connaissances disponibles.
Cette activité intellectuelle a profondément façonné Valtemare elle-même. La cité vit en grande partie de l’Académie et des nombreux visiteurs qu’elle attire. Étudiants, chercheurs, copistes, collectionneurs et érudits de passage alimentent une véritable économie du savoir. Les grandes bibliothèques attirent à elles seules des voyageurs venus consulter des ouvrages impossibles à trouver ailleurs. Autour de cette population se sont développés commerces, logements et services destinés à ceux qui viennent apprendre, enseigner ou simplement satisfaire leur curiosité.
La découverte du Nouveau Monde représente donc pour l’Académie une occasion sans précédent. Là où certains voient de nouvelles terres à exploiter ou à conquérir, elle voit surtout des milliers de questions auxquelles personne n’a encore répondu. Chaque chercheur semble avoir sa propre raison de vouloir y envoyer des explorateurs : dresser des cartes, cataloguer des espèces inconnues, observer le climat, étudier les ressources naturelles, retrouver les traces d’anciennes populations ou comprendre des phénomènes magiques encore jamais documentés.
À la tête de l’Académie des Savoirs siège le Recteur, plus haute autorité de l’institution. Cette fonction est actuellement occupée par Gaston de Saint-Aubrel, un homme reconnu pour sa méthode, sa patience et son profond attachement à la transmission des connaissances. Spécialiste de l’architecture impériale, il s’intéresse particulièrement aux structures capables de traverser les siècles et applique cette même philosophie à l’administration de l’Académie. Peu enclin aux positions extrêmes, Gaston cherche avant tout à maintenir un équilibre entre liberté intellectuelle, sécurité des recherches et pérennité de l’institution. Son expertise dépasse d’ailleurs les murs de Valtemare. L’Empire Grégorien lui-même le consulte occasionnellement pour la planification de grands projets architecturaux.
Sous le Recteur se trouvent les vice-recteurs, chacun responsable d'un des nombreux départements de l’Académie. Ces départements regroupent les membres selon leurs domaines d’étude et peuvent couvrir des disciplines aussi variées que la magie, l’archéologie, l’histoire, la météorologie, l’architecture ou l’étude du monde naturel. Les vice-recteurs disposent d’une importante autonomie. Ils sélectionnent les professeurs, recrutent les chercheurs et engagent les enquêteurs chargés d’aller recueillir des informations sur le terrain. Cette structure permet à chaque discipline de développer ses propres méthodes tout en demeurant sous l’autorité générale du Recteur.
Entrer dans l’Académie comme étudiant est relativement simple pour celui qui peut en acquitter les frais. Être reconnu comme une autorité par celle-ci est cependant une tout autre affaire. Toute personne possédant une expertise et désirant enseigner, publier officiellement ses travaux ou obtenir le financement d’une recherche doit défendre ses compétences devant un comité composé de quatre experts de son domaine. L’examen se déroule oralement et peut autant porter sur les connaissances du candidat que sur ses raisonnements, ses méthodes et sa capacité à défendre ses conclusions. Une découverte remarquable ne suffit donc pas toujours. Encore faut-il convaincre ceux qui possèdent déjà la reconnaissance de l’Académie.
Lorsqu’aucun spécialiste reconnu n’existe pour évaluer un nouveau domaine, un conseil de vice-recteurs est convoqué. Ceux-ci doivent alors déterminer collectivement si le sujet proposé constitue un véritable champ d’étude et s’il mérite les ressources de l’Académie. C’est ainsi que de nouvelles disciplines peuvent progressivement apparaître lorsque des phénomènes inconnus sont découverts.
Les diplômés de Valtemare possèdent naturellement un avantage dans ce système. Ils connaissent déjà les méthodes de raisonnement enseignées par leurs anciens professeurs, comprennent les attentes des comités et savent généralement comment présenter leurs travaux pour les rendre convaincants. Officiellement, cela ne leur garantit aucun privilège. Dans les faits, l’Académie est une institution profondément politique.
Derrière les débats savants existent des alliances, des rivalités, des échanges de faveurs et, parfois, de simples pots-de-vin. Des chercheurs courtisent les bonnes personnes pour obtenir du financement, des professeurs défendent leurs protégés et certains vice-recteurs utilisent leur influence pour favoriser les recherches qui servent leurs intérêts. Les discussions les plus féroces de l’Académie ne se déroulent donc pas toujours autour d’une découverte révolutionnaire.
L’Académie des Savoirs repose sur une conviction qui transcende les frontières, les religions et les ambitions des royaume. La connaissance appartient au monde entier. Une découverte ne devrait jamais disparaître simplement parce qu’elle dérange un souverain, contredit une croyance ou remet en question ce que les générations précédentes tenaient pour acquis. Le rôle de l’Académie n’est pas de déterminer ce que les peuples devraient croire, mais de rechercher, vérifier, documenter et préserver ce qui peut être connu. Pour ses érudits, une affirmation vieille de plusieurs millénaires demeure une affirmation tant qu’elle n’a pas été confrontée aux faits.
Cette philosophie explique l’immense diversité des recherches menées à Valtemare. Aucun sujet n’est considéré comme indigne d’intérêt simplement parce qu’il paraît étrange, improbable ou contraire aux connaissances établies. Une théorie peut être étudiée, débattue, confirmée ou entièrement réfutée. Se tromper n’est pas nécessairement considéré comme un échec. Une hypothèse correctement étudiée puis démontrée comme fausse permet malgré tout de faire progresser la connaissance. L’Académie encourage ainsi ses membres à questionner ce qu’ils savent, y compris lorsque leurs recherches viennent contredire leurs propres travaux.
Cette quête possède cependant une importante contradiction. L’Académie considère que toute connaissance mérite d’être publiée et préservée, mais elle ne considère pas que toute connaissance devrait être librement accessible. Une partie de ses bibliothèques est ainsi interdite à la majorité des étudiants, chercheurs et professeurs. Ces collections renferment des ouvrages dont les informations pourraient devenir dangereuses entre de mauvaises mains. Leur consultation est réservée à certaines des personnes les plus influentes ou reconnues de l’Ancien Monde : monarques, Recteur et vice-recteurs de l’Académie, Archimages des tours arcaniques ainsi que quelques individus auxquels un accès particulier a été accordé.
On y retrouve notamment plusieurs ouvrages de Varakiel Borgat, dont certaines recherches touchent des sujets que peu d’érudits seraient autorisés à étudier librement. Albert Longnatil, Archimage de la tour d’abjuration et auteur reconnu, compte également plusieurs manuscrits conservés dans ces collections. L’Académie ne considère pourtant pas ces ouvrages comme censurés. Ils sont catalogués, préservés et reconnus comme faisant partie du savoir accumulé de l’Ancien Monde. Leur diffusion est simplement contrôlée. Pour l’Académie, détruire une connaissance dangereuse serait une faute grave.
Cette position se reflète également dans les limites morales imposées à la recherche. Officiellement, les chercheurs doivent respecter certaines règles concernant leurs expériences et leurs méthodes. L’Académie ne prétend pas que la recherche justifie toutes les atrocités. Pourtant, ses collections interdites racontent une histoire beaucoup moins propre. Certains ouvrages décrivent des expériences qui ne seraient jamais autorisées publiquement aujourd’hui, tandis que d’autres témoignent de chercheurs ayant franchi des limites considérables au nom de leurs travaux.
L’Académie préfère conserver ces écrits plutôt que prétendre qu’ils n’ont jamais existé. Une expérience immorale peut produire une connaissance véritable, et supprimer cette connaissance ne réparera jamais ce qui a été fait pour l’obtenir.
L’influence de l’Académie des Savoirs s’étend bien au-delà de Valtemare et des frontières du Royaume d’Épicure. Après des générations consacrées à l’enseignement, à la recherche et à la conservation des connaissances, l’institution est devenue une référence dans presque tout l’Ancien Monde. Ses bibliothèques attirent des visiteurs venus de royaumes parfois très éloignés, tandis que ses chercheurs sont généralement autorisés à poursuivre leurs travaux partout où leurs études les conduisent. Lorsqu’une expertise particulière est nécessaire, consulter les travaux de l’Académie ou faire appel à l’un de ses membres est devenu une pratique courante.
Cette influence repose en grande partie sur ses anciens étudiants. L’Académie entretient soigneusement des relations avec ses diplômés longtemps après leur départ de Valtemare. Ceux-ci occupent aujourd’hui une multitude de fonctions dans les différents royaumes : conseillers, architectes, érudits, administrateurs, chercheurs ou spécialistes au service d’autres grandes institutions. Tous ne demeurent pas directement loyaux envers l’Académie, mais les relations développées pendant leurs années d’études persistent souvent pendant des décennies. Un ancien élève peut recommander un chercheur, faciliter l’accès à des archives ou simplement mettre l’Académie en contact avec les bonnes personnes. Au fil des générations, ce réseau est devenu l’un des principaux instruments de son influence.
L’Académie utilise également son immense richesse pour entretenir de bonnes relations avec les pouvoirs de l’Ancien Monde. Elle organise régulièrement des recherches, des expéditions et des fouilles archéologiques, mais participe également au financement de grands projets entrepris par les royaumes. Ces investissements ne sont pas entièrement désintéressés. Soutenir un projet permet d’obtenir la faveur d’un souverain, l'accès à certains territoires ou simplement l’assurance que les chercheurs de Valtemare seront bien accueillis lorsqu’ils viendront poser leurs questions. L’Académie préfère généralement ouvrir une porte par le financement et la coopération plutôt que de devoir négocier son accès plus tard.
Les relations ne sont cependant pas identiques partout. Les habitants des Landes Sanglantes fréquentent relativement peu l’Académie. Quelques individus en rejoignent les rangs, mais Valtemare et sa culture érudite demeurent éloignées des traditions de nombreux clans. La relation avec la Théocratie d’Élion est plus complexe. Cette dernière regarde régulièrement l’Académie avec désapprobation et protège jalousement certaines de ses connaissances. Là où Valtemare considère que le savoir devrait être documenté et préservé au bénéfice du monde, Élion estime que certaines connaissances appartiennent à son peuple, à ses traditions ou à ses institutions religieuses. Les chercheurs de l’Académie doivent donc parfois accepter que certaines portes demeurent fermées.
Malgré ces tensions, rares sont ceux qui remettent en question la valeur de l’institution. Même ceux qui critiquent ses méthodes peuvent un jour avoir besoin d’un ouvrage conservé dans ses bibliothèques ou d’un spécialiste formé dans ses salles. L’Académie n’a donc jamais eu besoin de posséder une armée ou de gouverner un territoire pour exercer son pouvoir. Ses véritables frontières se trouvent partout où ses diplômés travaillent, où ses ouvrages sont consultés et où quelqu’un a besoin d’une réponse que seule Valtemare peut fournir.
La Compagnie des Fers Croisés est l’une des plus importantes armées privées de l’Ancien Monde. Née dans les Basses Marches du Royaume d’Épicure, elle ne possède pourtant aucune véritable base d’opérations. Ses soldats, ses officiers et ses flottilles se déplacent continuellement au gré des contrats, des guerres et des occasions. Là où les tensions éclatent et où quelqu’un possède suffisamment de richesse pour acheter une armée, les Fers Croisés ne sont jamais très loin. Avec le temps, la Compagnie a accumulé suffisamment d’hommes, de navires et de ressources pour rivaliser avec les forces militaires entretenues par certains des plus puissants nobles des différents royaumes.
Rejoindre les Fers Croisés est relativement simple. La Compagnie ne s’intéresse que peu aux origines, aux convictions ou au passé de ceux qui se présentent à elle. Un soldat capable de se battre peut trouver une place dans ses rangs. Cette simplicité a permis à la Compagnie de recruter partout où elle passe. Elle recrute vétérans sans armée, mercenaires, combattants étrangers ou simples individus cherchant à gagner leur vie par les armes. Tous peuvent servir tant qu’ils respectent les contrats de la Compagnie et démontrent leur compétence sur le terrain, car les Fers Croisés se battent pour leurs clients.
Mais la Compagnie n’est pas une simple bande de mercenaires attendant qu’un seigneur local lui offre quelques pièces pour intimider son voisin. Ses services sont employés par des maisons nobles, des villes libres et même des puissances étrangères. Elle peut renforcer une armée existante, protéger un territoire, participer directement à une campagne ou mettre ses flottilles au service d’une opération militaire. En Épicure, cette puissance en fait autant un outil qu’une menace. Certains seigneurs ont recours aux Fers Croisés pour obtenir une force militaire qu’ils ne pourraient entretenir eux-mêmes. D’autres savent qu’une compagnie engagée aujourd’hui par un allié pourrait parfaitement servir un rival lors du prochain conflit.
La Compagnie ne s’embarrasse d’ailleurs que rarement des grandes justifications qui accompagnent les guerres. Elle ne prétend pas défendre la justice, la liberté ou une quelconque destinée. Elle croit au contrat, à la compétence et aux conséquences. Celui qui engage les Fers Croisés sait ce qu’il achète, et ceux qui leur font face savent généralement pourquoi ils sont là.
La paix récente dans l’Ancien Monde représente donc un problème très concret. Une armée privée ne prospère pas lorsque les frontières sont calmes et que les souverains préfèrent négocier. La découverte du Nouveau Monde offre cependant de nouvelles possibilités. Des royaumes rivaux y établissent leurs ambitions, des territoires inconnus doivent être explorés et personne ne sait encore quelles populations ou quelles puissances pourraient y être rencontrées.
Les Fers Croisés financent donc leurs propres explorateurs. Officiellement, ils souhaitent comprendre ce nouveau territoire et anticiper les besoins militaires de la colonie. Mais derrière ces justifications demeure une réalité beaucoup plus simple. Si le Nouveau Monde devient le prochain champ de bataille, la Compagnie compte bien être présente lorsque quelqu’un cherchera une armée à engager.
La Compagnie des Fers Croisés fonctionne comme une véritable armée, avec une chaîne de commandement stricte et une discipline militaire qui ne disparaît pas une fois les combats terminés. À son sommet se trouve le Duc Belvario Scarn, un ancien duc épicurien ayant perdu ses terres et les privilèges associés à son rang. Le titre de « Duc » qu’il continue de porter est donc davantage honorifique que politique. Au sein des Fers Croisés, cependant, personne ne remet en question son autorité. La Compagnie est devenue son domaine et ses soldats, la force sur laquelle repose désormais son pouvoir.
Belvario Scarn participe peu à la conduite quotidienne des campagnes. Son rôle se trouve ailleurs. C’est lui qui entretient les relations avec les nobles, les cités et les puissances susceptibles d’engager les Fers Croisés. Il négocie les contrats, évalue les offres et détermine pour qui la Compagnie prendra les armes. Lorsqu’un conflit attire plusieurs clients potentiels, sa décision est généralement simple.Les Fers Croisés rejoignent celui qui présente l’offre la plus avantageuse. Une fois le contrat accepté, cependant, leur engagement est clair. La Compagnie annonce ouvertement le camp qu’elle rejoint et ne cherche pas à dissimuler ses intentions.
La conduite militaire revient principalement au bras droit du Duc, Sir Samuel Lacourte. Ancien chevalier épicurien et spécialiste des charges de cavalerie, Samuel agit comme le véritable général des Fers Croisés. Il transforme les contrats négociés par Belvario en campagnes militaires, détermine les forces nécessaires et supervise leur déploiement. Si le Duc représente l’autorité suprême de la Compagnie, Samuel en est donc l’autorité militaire quotidienne.
Sous lui se trouve une hiérarchie beaucoup plus traditionnelle. Les capitaines commandent les différentes forces de la Compagnie, assistés de lieutenants qui transmettent les ordres et supervisent directement les soldats. Les promotions sont principalement accordées selon le mérite et les compétences. Un combattant capable de démontrer son efficacité, son jugement et sa capacité à diriger peut progressivement gravir les échelons, peu importe son origine. Dans une armée dont la réputation dépend directement de ses résultats, confier des hommes à un officier incapable simplement en raison de son nom serait mauvais pour les affaires.
Bien qu’elle forme une seule immense armée, la Compagnie est rarement réunie au même endroit. Ses bataillons sont constamment dispersés dans l’Ancien Monde selon les contrats en cours. Certains protègent une cité tandis que d’autres participent à une campagne à des centaines de lieues de distance. Les flottilles suivent la même logique et permettent aux Fers Croisés de déplacer leurs forces ou de répondre à des contrats nécessitant une présence maritime.
Une règle demeure toutefois absolue. Les Fers Croisés ne combattent jamais les Fers Croisés. Lorsque la Compagnie accepte un camp, aucun de ses bataillons ne peut vendre ses services au camp adverse. Cette règle protège autant sa cohésion que sa réputation. Les Fers Croisés peuvent vendre leur loyauté, mais une fois le contrat conclu, cette loyauté n’est plus à vendre.
C’est précisément cette discipline qui fait leur valeur. Engager les Fers Croisés ne signifie pas acheter une bande de mercenaires imprévisibles. Cela signifie louer, pour un temps déterminé, une armée entière dont la parole vaut exactement ce qui a été signé.
La Compagnie des Fers Croisés ne prétend pas défendre une grande cause. Ses membres croient avant tout en trois choses : le contrat, la compétence et la conséquence. Tout le reste peut changer avec les époques, les frontières et ceux qui écrivent l’histoire. Un royaume peut disparaître, un noble peut perdre ses terres et les alliés d’hier peuvent devenir les ennemis de demain. Un contrat, en revanche, établit quelque chose de simple : un service, un prix et un engagement.
Leur maxime, « Par l’or ou par le sang, tout se gagne », résume cette conception du monde. Les Fers Croisés considèrent que rien n’est véritablement immuable. Le pouvoir peut être acheté lorsqu’un homme accepte de le vendre, ou pris lorsqu’il refuse. Le sang devient ainsi une monnaie, l’information une arme et la loyauté un engagement dont la durée est déterminée à l’avance. La Compagnie n’éprouve aucune honte à reconnaître cette réalité. Elle préfère annoncer clairement le prix de sa loyauté plutôt que de dissimuler ses ambitions derrière de grands idéaux.
Cette philosophie se retrouve jusque dans la manière dont ses membres progressent. Les Fers Croisés se considèrent comme une méritocratie radicale. La naissance et les titres possèdent peu de valeur sur un champ de bataille lorsqu’ils ne sont accompagnés d’aucune compétence. Un soldat talentueux peut s’élever par son efficacité, son intelligence, sa ruse ou sa férocité. Celui qui commande doit mériter sa position, car les erreurs d’un officier se paient avec la vie de ses hommes et, ultimement, avec la réputation de toute la Compagnie.
Les Fers Croisés sont prêts à accomplir presque n’importe quelle mission tant que celle-ci ne menace pas cette réputation. La morale de leurs clients ne les intéresse que lorsqu’elle risque de devenir leur problème. Ils vendent l’efficacité, et non la pureté. Cette distinction leur permet d’accepter des contrats que d’autres organisations refuseraient, tout en conservant certaines limites dictées davantage par leurs intérêts que par leur conscience.
Certaines opérations doivent néanmoins demeurer loin des couleurs de la Compagnie. Les Fers Croisés entretiendraient ainsi une branche d’assassins qui, officiellement, n’appartient aucunement à l’organisation. Elle permet de régler certaines affaires qui ne peuvent être associées directement à une armée mercenaire respectable. Elle peut également servir à rappeler à d’anciens clients qu’un contrat possède des conséquences, particulièrement lorsque ceux-ci refusent de respecter leurs engagements ou tentent de s’attaquer directement aux intérêts du Duc.
Malgré ce pragmatisme brutal, les soldats des Fers Croisés ne sont pas considérés comme de simples vies à dépenser. La guerre est leur métier, mais également leur manière de vivre. Ils savent que les pertes sont inévitables et acceptent cette réalité dès leur engagement. Les officiers cherchent toutefois à les limiter. Un vétéran expérimenté est une ressource précieuse qu’il serait absurde de gaspiller inutilement. À cela s’ajoute la camaraderie forgée par les campagnes successives. Les soldats combattent pour leur solde et pour la Compagnie, mais également pour ceux qui tiennent la ligne à leurs côtés.
Les Fers Croisés vivent donc selon une logique qui leur est propre. Tout possède un prix, mais cela ne signifie pas que tout doit être gaspillé
Avec près de dix mille soldats à son apogée, la Compagnie des Fers Croisés représente une puissance militaire que peu de seigneurs peuvent se permettre d’ignorer. Son influence repose sur sa capacité à déplacer rapidement des milliers de combattants expérimentés là où leur présence peut faire basculer un conflit. Dans les guerres opposant des maisons nobles, l’arrivée de quelques bataillons des Fers Croisés suffit parfois à transformer complètement l’équilibre des forces.
Cette puissance n’empêche pas la Compagnie de circuler légalement dans une grande partie de l’Ancien Monde. Au fil de son existence, elle a obtenu différents sauf-conduits et autorisations lui permettant d’opérer sur les territoires du Royaume d’Épicure et de l’Empire Grégorien. Ces accords ne signifient pas nécessairement que les autorités apprécient sa présence, mais elles reconnaissent son existence et les services qu’elle peut offrir. La Compagnie mène également des opérations dans l’Alliance sous les Montagnes, où ses contrats peuvent l’amener à protéger des intérêts ou à participer à certains conflits.
Dans les Landes Sanglantes, la situation est beaucoup plus simple. Les vastes territoires contrôlés par les clans offrent peu de structures capables d’interdire le passage d’une armée mercenaire, et les Fers Croisés y agissent selon les circonstances et les rapports de force locaux. La Théocratie d’Élion représente toutefois une exception importante. La Compagnie évite autant que possible ses territoires et préfère chercher ses contrats ailleurs. Pour une organisation qui choisit soigneusement les guerres auxquelles elle participe, certains champs de bataille ne valent simplement pas les complications qu’ils apporteraient.
Les nobles constituent naturellement les principaux clients de la Compagnie. Un seigneur incapable de lever suffisamment de soldats peut, s’il possède les moyens nécessaires, augmenter considérablement sa puissance militaire en engageant les Fers Croisés. Cette relation repose cependant sur une confiance particulière. Les nobles font confiance à la Compagnie exactement aussi longtemps que leur contrat demeure en vigueur. Tant que celui-ci est respecté, les Fers Croisés sont des alliés fiables et professionnels. Une fois l’entente arrivée à échéance, les deux parties savent parfaitement que cette loyauté a pris fin.
La puissance de la Compagnie ne se limite d’ailleurs pas à ses forces terrestres. Elle entretient une flotte d’environ dix navires de guerre, accompagnés de plusieurs bâtiments destinés au transport des hommes, du matériel et des provisions. Cette capacité lui permet de déplacer ses forces entre différents théâtres d’opérations et d’accepter des contrats nécessitant une présence maritime.
Pour la population, voir arriver les Fers Croisés ne provoque pas une réaction très différente de celle suscitée par n’importe quelle armée en marche. Les routes se remplissent de soldats, les auberges accueillent de nouveaux clients, les marchands cherchent à vendre leurs marchandises et chacun tente surtout de déterminer où cette armée se dirige.