Les entités patronales sont des puissances surnaturelles issues des autres mondes, dont l'influence s'étend jusque dans le monde physique. Qu'elles proviennent du Paradis, de l'Enfer, d'Avalon ou des plans élémentaires, elles possèdent toutes un point commun. Elles concluent des pactes avec des mortels afin d'étendre leur influence. En échange d'une loyauté absolue, elles accordent à leurs serviteurs des richesses considérables, des connaissances interdites, le don de manifester la magie ou une protection que nul souverain terrestre ne pourrait offrir.
Ces organisations patronales disposent ainsi de ressources suffisantes pour financer des expéditions vers le Nouveau Monde, poursuivre leurs propres desseins et faire avancer les intérêts de leur patron. Les explorateurs qui leur sont liés ne servent donc pas uniquement une organisation mortelle. Chacun agit également au nom d'une puissance venue d'un autre plan d'existence, dont les motivations dépassent souvent la compréhension des peuples du monde connu.
Toutefois, ces dons ne sont jamais gratuits. Chaque faveur accordée renforce le lien unissant le mortel à son patron, jusqu'à faire de son âme la propriété de cette entité. La servitude peut prendre de nombreuses formes, allant d'une simple obéissance à une dévotion totale, mais tous les pactes partagent la même réalité. Les bienfaits obtenus aujourd'hui façonnent irrémédiablement le destin de celui qui les accepte lors de sa mort.
La simple présence de Raziel inspire un sentiment difficile à décrire avec des mots. Il ne possède ni la majesté écrasante des souverains célestes ni la splendeur intimidante des grands archanges demeurés au Paradis. Son aura est plus discrète, plus profonde, empreinte d'une chaleur sincère qui évoque celle d'un foyer retrouvé après une longue errance. Une lumière argentée, parcourue de subtils reflets d'azur, émane continuellement de son être. Elle n'éblouit jamais et ne cherche pas à imposer sa puissance. Elle éclaire doucement son environnement, comme une flamme refusant obstinément de s'éteindre malgré les ténèbres qui l'entourent. Ses ailes immaculées demeurent presque toujours repliées contre son dos, comme s'il refusait d'afficher la gloire d'un monde qui l'a rejeté. Lorsqu'il apparaît, un vent chaud chargé d'odeurs de terre humide, d'herbes sauvages et de cendres anciennes accompagne chacun de ses pas, rappelant que la vie naît souvent des ruines. Son visage est marqué par une tristesse sereine, celle d'un être ayant contemplé d'innombrables tragédies sans jamais perdre son amour pour les mortels. Son regard inspire immédiatement confiance, comme celui d'un père qui comprend les fautes de ses enfants sans cesser de les aimer. Les êtres bienveillants ressentent auprès de lui un profond apaisement et retrouvent le courage d'avancer malgré les épreuves. À l'inverse, les créatures corrompues et les serviteurs du Néant éprouvent un malaise grandissant, comme si la seule présence de Raziel révélait les blessures et les fautes qu'ils s'efforcent de cacher depuis toujours.
L'Ordre de Raziel rassemble les mortels qui ont choisi de servir l'Archange Exilé, un ancien protecteur du Paradis qui renonça à sa place parmi les légions célestes afin de demeurer aux côtés des peuples de la Terre durant les heures les plus sombres de leur histoire. Rejeté par les cieux pour avoir refusé l'inaction, Raziel est devenu le symbole d'une autre vision du devoir, celui de protéger la vie avant toute autre considération. Depuis son exil, il accueille des mortels prêts à consacrer leur existence à cette même mission, concluant avec eux un pacte qui les lie à sa grâce plutôt qu'au Paradis lui-même. Ses suivants forment une organisation discrète mais solidement implantée dans le monde connu. On y retrouve des chevaliers errants, des guérisseurs, des protecteurs, des érudits, des chasseurs de corrupteurs et des voyageurs qui refusent de détourner le regard devant la souffrance. Tous reçoivent de Raziel une part de sa grâce en échange d'un engagement indéfectible envers la préservation de la vie. L'organisation dispose d'importantes richesses, entretenues par des siècles de dons, de domaines confiés à ses fidèles et d'un vaste réseau d'alliés reconnaissants. Ces ressources lui permettent d'armer ses serviteurs, de financer des sanctuaires, de soutenir les populations frappées par les catastrophes et, désormais, d'envoyer des explorateurs vers le Nouveau Monde. Raziel voit dans ces expéditions une occasion d'empêcher que les erreurs du passé ne se reproduisent et de veiller à ce que la vie puisse s'épanouir sur ces terres encore inconnues.
Raziel ne recherche ni l'adoration ni l'obéissance aveugle. Il croit que chaque être vivant possède la responsabilité de protéger la vie lorsqu'il en a le pouvoir. Pour lui, l'inaction face à la souffrance est une faute plus grave que l'erreur commise avec de bonnes intentions. Ses serviteurs sont donc encouragés à agir, à prendre des décisions difficiles et à accepter le poids de leurs choix plutôt que de demeurer passifs par crainte de se tromper. Raziel enseigne que la vie est la plus grande richesse de la Création. Qu'il s'agisse des peuples civilisés, des animaux, des forêts ou des plus fragiles équilibres naturels, toute forme d'existence mérite d'être défendue. Il ne condamne pas la guerre lorsqu'elle devient nécessaire, mais considère qu'elle ne doit jamais être menée par ambition, vengeance ou cruauté. Donner la mort ne peut être qu'un dernier recours destiné à préserver davantage de vies. Cette philosophie fait de ses fidèles des protecteurs avant d'être des conquérants et des gardiens avant d'être des exécuteurs. Raziel rejette également les dogmes rigides et les lois appliquées sans compassion. Il estime que les règles doivent servir la vie et non l'inverse. Bien qu'il respecte profondément les lois naturelles et l'équilibre de la Création, il refuse qu'un principe abstrait justifie l'abandon de ceux qui souffrent. Cette vision l'oppose autant aux fanatiques qu'aux êtres corrompus par le Néant, qu'il considère comme les plus grands ennemis de toute existence. Ses pactisés apprennent ainsi à faire preuve de discernement, de compassion et de courage, convaincus que protéger la vie est un devoir qui dépasse toutes les frontières, toutes les croyances et tous les royaumes.
Bien que Raziel ait été banni du Paradis il y a plus d'un millénaire, son influence demeure considérable dans l'Ancien Monde. Ses fidèles sont présents dans la plupart des royaumes, où ils fondent des refuges, des hospices, des sanctuaires et des communautés vouées à la protection des plus vulnérables. Nombre de seigneurs, de marchands et de dirigeants entretiennent des liens avec son organisation, non par dévotion, mais parce qu'ils reconnaissent depuis des générations l'intégrité et le dévouement de ses serviteurs. Cette réputation a permis à l'Ordre de constituer un vaste réseau d'alliés, de domaines, de donations et de ressources qui lui assure une indépendance financière rare parmi les institutions patronales. Plutôt que d'accumuler ses richesses, l'organisation les investit dans la défense des populations, l'entretien de ses sanctuaires, la formation de nouveaux pactisés et la lutte incessante contre les créatures du Néant. L'annonce de la découverte du Nouveau Monde a rapidement retenu l'attention de Raziel. Là où d'autres voient des territoires à conquérir ou des ressources à exploiter, il aperçoit une terre où la vie peut encore grandir sans les erreurs qui ont marqué l'Ancien Monde. Convaincu que les ténèbres finiront un jour par atteindre ces rivages, il finance ses propres expéditions afin que ses serviteurs puissent protéger les futurs colons, préserver les équilibres naturels et empêcher la corruption de s'y implanter. Pour Raziel, le Nouveau Monde n'est pas une promesse de puissance, mais une responsabilité. Celle d'offrir aux générations futures une chance de bâtir un avenir où la vie sera enfin placée au-dessus de toutes les ambitions.Raziel ressent aussi que dans ce monde inconnu se trouve une partie de sa grâce perdue.
Rares sont les mortels capables de soutenir le regard d'Orath sans éprouver un mélange de fascination et d'appréhension. Héritière du sang de Raziel, l'Archange Exilé, et de Maëlys, Archi-Fée des eaux vivantes, elle incarne l'union parfaite de deux puissances que tout semblait pourtant opposer. Sa beauté dépasse les standards des mortels comme ceux des créatures surnaturelles, au point d'en devenir presque irréelle. Sa longue chevelure blonde semble capturer la moindre parcelle de lumière, tandis que ses yeux gris, profonds comme un ciel d'orage, dévoilent une intelligence ancienne marquée par des siècles de solitude. Derrière leur éclat se devinent une colère silencieuse, une immense tristesse et une détermination que rien ne semble pouvoir ébranler. Deux vastes ailes noires s'étendent dans son dos, non comme le signe d'une corruption, mais comme la cicatrice visible de sa rupture avec les sphères célestes. Lorsqu'elles se déploient, elles assombrissent doucement les lieux, sans jamais faire disparaître la lumière qui émane de son corps. Cette dualité résume à elle seule ce qu'est Orath. Elle est une créature née de la lumière, mais façonnée par la trahison. Son aura amplifie les émotions de ceux qui l'approchent. Les désirs deviennent plus ardents, les doutes plus lourds et les convictions plus profondes. Beaucoup éprouvent envers elle une admiration instinctive, d'autres une crainte difficile à expliquer, comme si sa seule présence obligeait chacun à révéler sa véritable nature. Malgré cette intensité presque écrasante, les mortels perçoivent souvent chez elle une chaleur sincère et un attachement authentique. Orath les regarde avec une tendresse que bien peu d'entités surnaturelles sont encore capables d'éprouver, persuadée que les peuples de la Terre demeurent les seuls êtres véritablement libres de choisir leur destin.
Contrairement aux autres entités patronales, l'organisation d'Orath est d'une jeunesse exceptionnelle. Durant près de douze siècles, la fille de Raziel demeura enfermée dans une prison sacrée, condamnée par son propre père afin d'empêcher qu'elle ne déclenche une guerre contre le Paradis et Avalon. Ce n'est qu'au cours de la dernière année que le destin lui rendit sa liberté. Un groupe d'aventuriers découvrit par hasard les ruines de sa prison, ignorant qu'un seul objet pouvait en rompre les sceaux. Un fragment de la grâce de Raziel, porté par l'un d'entre eux, la rendit libre. Lorsque les chaînes sacrées cédèrent enfin, Orath retrouva le monde des mortels avec une seule certitude. Les puissances célestes et féeriques devaient répondre de leurs actes. Depuis sa libération, elle a juré de mettre fin à la domination du Paradis et d'Avalon, qu'elle considère comme deux sphères ayant trahi les idéaux qu'elles prétendent incarner. Son organisation demeure toutefois extrêmement réduite. Là où d'autres patrons dirigent des ordres anciens, des temples ou des réseaux établis depuis des siècles, Orath ne possède encore ni hiérarchie complexe, ni vaste influence politique, ni patrimoine considérable. Elle agit avant tout par elle-même, accompagnée de quelques rares alliés et des premiers mortels qui ont choisi de marcher à ses côtés. Son ordre se construit au fil de ses actions, de ses victoires et des liens qu'elle tisse avec ceux qui partagent sa vision. Chaque nouveau pactisé représente autant un compagnon de route qu'une pierre fondatrice d'une institution encore naissante, appelée à grandir à mesure que son combat contre les sphères célestes prendra de l'ampleur.
Orath ne croit ni aux longues stratégies immobiles ni aux siècles d'attente. Son existence lui a déjà été volée par plus de mille ans d'enfermement, et elle refuse désormais de perdre le moindre instant. Là où d'autres patrons bâtissent patiemment leur influence, accumulent des richesses ou manipulent les royaumes dans l'ombre, Orath agit. Son objectif est clair, assumé et inébranlable. Se préparer à la guerre contre le Paradis et, lorsque le moment sera venu, renverser également Avalon. Convaincue que ces deux sphères ont trahi les mortels comme les leurs, elle consacre chacun de ses efforts à rechercher les armes oubliées, les reliques perdues, les savoirs interdits et les anciennes magies capables d'ébranler les puissances célestes. Chaque expédition, chaque ruine explorée et chaque artefact retrouvé représente une étape supplémentaire dans les préparatifs de ce conflit qu'elle considère désormais inévitable. Ses pactisés ne sont donc pas de simples serviteurs chargés d'exécuter ses ordres, mais les compagnons d'une croisade qu'elle construit avec eux. Contrairement à bien des entités patronales, Orath tisse avec chacun de ses suivants un lien profondément personnel. Elle les considère tour à tour comme ses amis, ses confidents, ses enfants ou ses amants, sans établir de frontière rigide entre ces différentes formes d'amour. Sa loyauté envers eux est entière et elle attend en retour une fidélité tout aussi absolue. Elle protège les siens avec une férocité presque maternelle, partage leurs joies comme leurs épreuves et n'hésite jamais à mettre sa propre puissance au service de ceux qu'elle considère comme sa véritable famille. Pour Orath, la guerre qui s'annonce ne sera pas menée par une armée de fanatiques, mais par des êtres unis autant par l'affection que par une cause commune.
Bien que l'organisation d'Orath soit encore embryonnaire, sa libération a déjà provoqué des bouleversements dont les échos se font sentir dans l'ensemble de l'Ancien Monde. Les premiers à réagir furent les habitants du Paradis. Sitôt ses chaînes brisées, les légions célestes comprirent que la fille de Raziel marchait de nouveau parmi les mortels. Depuis, plusieurs anges guerriers auraient reçu pour mission de retrouver sa trace et de mettre un terme à sa croisade avant qu'elle ne prenne de l'ampleur. Cette chasse silencieuse ne passe plus inaperçue. À travers différents royaumes, des témoins rapportent avoir aperçu d'étranges affrontements entre êtres ailés, des éclats de lumière déchirant le ciel ou des combats d'une violence inexplicable, laissant derrière eux des paysages marqués sans que les autorités puissent en identifier les responsables. Parallèlement, une autre rumeur gagne les routes du monde connu. Des femmes, des enfants et des voyageurs racontent avoir été sauvés d'agressions, de bandits ou de créatures sauvages par une jeune femme à la beauté surnaturelle, capable de manipuler une magie que beaucoup prennent pour le Don chamanique. Elle apparaît sans prévenir, protège les innocents, puis disparaît avant même que les survivants puissent la remercier. Certains érudits croient déjà à l'existence d'un ordre secret de protectrices vouées à défendre les veuves, les orphelins et tous ceux que les puissants abandonnent. Pourtant, derrière ces récits se cache une seule et même personne : Orath elle-même. Fidèle aux enseignements de son père malgré sa haine du Paradis, elle refuse d'ôter la vie lorsque d'autres solutions existent. Elle privilégie la parole, la compassion, le charme mystique ou le désarmement, convaincue que les mortels méritent d'être protégés, non dominés. Sans le rechercher, chacune de ses interventions nourrit un peu plus sa légende et attire vers sa cause ceux qui voient en elle non une conquérante, mais une protectrice prête à défier les cieux pour défendre les peuples de la Terre.
Lorsque Tsaphkiel se manifeste, il ne semble pas simplement apparaître. Il impose la présence même du Paradis. Immense et majestueux, l'Archange avance avec l'assurance inébranlable d'un être qui ne doute jamais de la justesse de sa cause. Son corps est enveloppé d'une lumière éclatante, si pure qu'elle semble effacer les ombres autour de lui. Deux immenses ailes d'or blanc se déploient dans son dos, chacune de leurs plumes portant de mystérieuses runes lumineuses, comme si les lois sacrées de la guerre y avaient été gravées par la Création elle-même. Son visage demeure caché derrière un casque forgé de lumière, privant les mortels de toute émotion capable d'adoucir son jugement. Devant lui ne se tient pas un individu, mais l'incarnation même de la justice céleste. À chacun de ses pas, une fine poussière dorée s'élève dans les airs tandis qu'un manteau d'éclats solaires flotte autour de lui, donnant l'impression que l'aube l'accompagne en permanence. Son aura est d'une intensité presque insoutenable. Les fidèles sentent leur courage s'embraser et retrouvent la force de poursuivre le combat, tandis que les êtres corrompus voient leurs certitudes vaciller sous le poids de sa lumière. Même les guerriers les plus aguerris éprouvent instinctivement le besoin de s'incliner devant cette présence écrasante, non par peur, mais par respect. Tsaphkiel n'inspire ni la tendresse d'un protecteur ni la compassion d'un guide. Il évoque plutôt un général invincible menant les armées du Ciel vers une guerre éternelle, un flambeau vivant dont la lumière n'existe que pour repousser les ténèbres et rappeler que la justice céleste ne connaît ni hésitation, ni faiblesse.
L'Ordre de Tsaphkiel compte parmi les plus anciennes organisations patronales de l'Ancien Monde. Depuis des siècles, ses pactisés parcourent les royaumes afin de traquer les diables,les créatures du Néant et toutes les forces qu'ils considèrent comme une menace pour la Création. Contrairement aux serviteurs de Raziel, qui cherchent d'abord à protéger et à comprendre, les disciples de Tsaphkiel privilégient une approche beaucoup plus directe. Pour eux, le mal doit être détruit avant qu'il ne puisse se répandre. Les doutes, les enquêtes et les explications viennent ensuite, si elles sont encore nécessaires. Cette philosophie façonne toute leur organisation. Les pactisés sont formés comme des chasseurs, des guerriers et des exécuteurs de la justice céleste, capables d'intervenir rapidement dès qu'une corruption est suspectée. Leur autorité ne découle d'aucun roi, d'aucune église ni d'aucune loi mortelle, mais uniquement de la volonté de Tsaphkiel, qu'ils estiment supérieure à toutes les juridictions terrestres. Cette indépendance leur permet d'agir avec une redoutable efficacité, mais elle les place également en conflit avec de nombreuses autorités civiles et religieuses. Dans plusieurs royaumes, leurs interventions sont perçues comme des actes de justice ; dans d'autres, elles sont considérées comme du vigilantisme, voire comme des crimes. Malgré ces controverses, l'Ordre demeure solidement implanté, soutenu par de nombreux fidèles convaincus que certaines menaces ne peuvent être combattues par les seules institutions mortelles. Là où les lois hésitent, où les tribunaux négocient et où les souverains ferment les yeux, les serviteurs de Tsaphkiel interviennent sans attendre, persuadés que la justice divine ne doit jamais être ralentie par les compromis des hommes.
Orath ne croit ni aux longues stratégies immobiles ni aux siècles d'attente. Son existence lui a déjà été volée par plus de mille ans d'enfermement, et elle refuse désormais de perdre le moindre instant. Là où d'autres patrons bâtissent patiemment leur influence, accumulent des richesses ou manipulent les royaumes dans l'ombre, Orath agit. Son objectif est clair, assumé et inébranlable. Se préparer à la guerre contre le Paradis et, lorsque le moment sera venu, renverser également Avalon. Convaincue que ces deux sphères ont trahi les mortels comme les leurs, elle consacre chacun de ses efforts à rechercher les armes oubliées, les reliques perdues, les savoirs interdits et les anciennes magies capables d'ébranler les puissances célestes. Chaque expédition, chaque ruine explorée et chaque artefact retrouvé représente une étape supplémentaire dans les préparatifs de ce conflit qu'elle considère désormais inévitable. Ses pactisés ne sont donc pas de simples serviteurs chargés d'exécuter ses ordres, mais les compagnons d'une croisade qu'elle construit avec eux. Contrairement à bien des entités patronales, Orath tisse avec chacun de ses suivants un lien profondément personnel. Elle les considère tour à tour comme ses amis, ses confidents, ses enfants ou ses amants, sans établir de frontière rigide entre ces différentes formes d'amour. Sa loyauté envers eux est entière et elle attend en retour une fidélité tout aussi absolue. Elle protège les siens avec une férocité presque maternelle, partage leurs joies comme leurs épreuves et n'hésite jamais à mettre sa propre puissance au service de ceux qu'elle considère comme sa véritable famille. Pour Orath, la guerre qui s'annonce ne sera pas menée par une armée de fanatiques, mais par des êtres unis autant par l'affection que par une cause commune.
Bien que l'organisation d'Orath soit encore embryonnaire, sa libération a déjà provoqué des bouleversements dont les échos se font sentir dans l'ensemble de l'Ancien Monde. Les premiers à réagir furent les habitants du Paradis. Sitôt ses chaînes brisées, les légions célestes comprirent que la fille de Raziel marchait de nouveau parmi les mortels. Depuis, plusieurs anges guerriers auraient reçu pour mission de retrouver sa trace et de mettre un terme à sa croisade avant qu'elle ne prenne de l'ampleur. Cette chasse silencieuse ne passe plus inaperçue. À travers différents royaumes, des témoins rapportent avoir aperçu d'étranges affrontements entre êtres ailés, des éclats de lumière déchirant le ciel ou des combats d'une violence inexplicable, laissant derrière eux des paysages marqués sans que les autorités puissent en identifier les responsables. Parallèlement, une autre rumeur gagne les routes du monde connu. Des femmes, des enfants et des voyageurs racontent avoir été sauvés d'agressions, de bandits ou de créatures sauvages par une jeune femme à la beauté surnaturelle, capable de manipuler une magie que beaucoup prennent pour le Don chamanique. Elle apparaît sans prévenir, protège les innocents, puis disparaît avant même que les survivants puissent la remercier. Certains érudits croient déjà à l'existence d'un ordre secret de protectrices vouées à défendre les veuves, les orphelins et tous ceux que les puissants abandonnent. Pourtant, derrière ces récits se cache une seule et même personne : Orath elle-même. Fidèle aux enseignements de son père malgré sa haine du Paradis, elle refuse d'ôter la vie lorsque d'autres solutions existent. Elle privilégie la parole, la compassion, le charme mystique ou le désarmement, convaincue que les mortels méritent d'être protégés, non dominés. Sans le rechercher, chacune de ses interventions nourrit un peu plus sa légende et attire vers sa cause ceux qui voient en elle non une conquérante, mais une protectrice prête à défier les cieux pour défendre les peuples de la Terre.